Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut et l’Alchimie est en tout.

L’Alchimie, ça vous parle ?


alchimie 01Il est vrai, sans mensonge, certain, & très véritable: Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. Et comme toutes les choses ont été, & sont venues d’un, par la médiation d’un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre ; la Terre est sa nourrice. Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre.

Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; et pour cela toute obscurité s’enfuira de toi. C’est la force forte de toute force : car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De ceci seront & sortiront d’admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. C’est pourquoi j’ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j’ai dit de l’opération du Soleil est accompli, et parachevé

Ainsi se présente le célèbre texte La Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste, le père des Philosophes.

Entendons-nous. Par philosophes, tout bon initié comprendra « Alchimistes ». Il en va de soi.

Il n’est pas dans mon attention de prétendre vous dévoiler le sens de l’ensemble de ce texte fondateur de l’alchimie. Il fait partie de la toute première des portes qu’un initié à l’art royal doit passer en solitaire. Non, je vais laisser vagabonder mes pensées sur la première, et sans doute la plus importante affirmation issue de ce texte :

Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas

alchimie 03L’alchimiste est en quête permanente de la compréhension des lois qui régissent l’ensemble de l’univers. Les divers transmutations opérées dans les laboratoires, ne sont que des vérifications empiriques des processus naturels, mis en œuvre par le philosophe dans ses ballons et autres fourneaux alimentés par des feux secrets, imitant plus ou moins fidèlement la mère nature.

Or, pour imiter ces procédés naturels, le cherchant se doit d’analyser et de comprendre les lois naturelles. Comprendre qu’est-ce que la matière ? Voilà une quête dont je me propose de défleurer très grossièrement et modestement quelques aspects. Et comme tout alchimiste qui se respecte est un rêveur, laissez-moi vagabonder en libertin de la pensée, ouvrant quelques portes qui nous mèneront vers des sentiers vertigineux.

J’aime à penser, de manière très imagée et allégorique, la création comme le fameux ruban de Möbius ; le huit horizontal, symbole d’infini, sans commencement, sans fin, dessinant une éternelle figure mystérieuse, un tantinet magique, placée entre les dimensions de notre Multivers.

Ce qui est en haut et ce qui est en bas font, bien évidemment, référence au macrocosme et au microcosme. Le tout, finalement, n’étant qu’un. Cette unité est ce ruban de Möbius.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, une précision s’impose. Ce texte fera à de nombreuses reprises référence à « Dieu ». Je vous mets à l’aise immédiatement, il ne s’agit ni du dieu biblique, ni d’un démiurge légendaire quelconque, ni d’envolées pieuses de ma part. Il est juste question d’une parabole qui met en lumière, ce que je nommerai « le mur de Planck intellectuel », c’est à dire une limite au-delà de laquelle il nous est impossible de déterminer des postulats scientifiques vérifiables. Une sorte de nébuleuse conceptuelle abstraite, parée d’un symbole facilement assimilable par tous les lecteurs, quelle que soit leur origine ou sensibilité. Et c’est précisément dans ce périmètre que tout un chacun mettra exactement ce qu’il voudra, selon ses croyances et sa sensibilité…

Accrochez-vous, nous allons décoller.


De ce qui est en Bas

alchimie 04Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. La grande interrogation des philosophes et des hommes de science a toujours été la même : de quoi est constituée la matière ? Quel est le plus petit élément qui la compose ?

Aujourd’hui, nous avons fini par y répondre.

La première réponse que nous pouvons apporter est : la matière est composée d’atomes.

Qu’est-ce qu’un atome ?

Un atome est constitué d’un noyau central et d’électrons qui évoluent autour du noyau. Le noyau est composé de nucléons, c’est à dire de protons et de neutrons. Les électrons ont une charge électrique négative. Les protons ont une charge électrique positive, de même valeur que celle de l’électron. Les neutrons n’ont pas de charge électrique, ils sont neutres.

Il existe dans la nature, et au stade actuel de notre connaissance, 90 sortes d’atomes stables et 103 au total connus. Les atomes instables étant des atomes radioactifs.

En guise d’exemple, l’atome d’hydrogène possède 1 proton et 1 électron, l’atome de carbone 6 électrons et 6 protons, l’atome d’oxygène 8 électrons et 8 protons, quant à l’atome de l’or, il se compose de 79 protons et 79 électrons.

Les atomes peuvent se combiner pour former des structures plus grandes appelées molécules. Ainsi, lorsque l’on rajoute à deux atomes d’hydrogène un atome d’oxygène, on obtient la molécule d’eau.

Il s’agit donc là d’une métamorphose manifeste de la matière qui change d’état par addition d’un élément à un autre : la fameuse transmutation dont nous parle l’Alchimie.

Roger Bacon, alchimiste du 13ème siècle, nous dit quelque chose de très intéressant :

l’Alchimie est la science qui enseigne à préparer une certaine médecine ou élixir, lequel étant projeté sur les métaux imparfaits leur communique la perfection, dans le moment même de la projection.

Sir William Fettes Douglas The Alchemist 19th cent.

Il y a comme des similitudes qui se dissimulent derrière ces mots venus du moyen âge avec ceux de notre vocabulaire scientifique moderne…

Observons maintenant une analogie intéressante.

En Alchimie, la matière est constitué de ce que l’on appellera dans le langage hermétique le Soufre, le Mercure et le Sel.

Il ne faut surtout pas prendre cette appellation au mot. Cherchons alors à en extraire la quintessence.

Derrière ce Soufre, Mercure et Sel, se cachent en vérité des propriétés de la matière.

Sa couleur, sa fusibilité peut être rattachées à son principe Soufre (principe fixe), alors que sa volatilité au principe Mercure. Tout se compose de matières sulfureuses et mercurielles, nous dit l’Anonyme chrétien, alchimiste grec.

Selon Albert Poisson, la matière se différenciait d’abord en soufre et en mercure, et ces deux principes s’unissaient en diverses proportions formant tous les corps.

Durant des siècles, les alchimistes n’accordaient pas ou peu d’importance au Sel. Il avait une position secondaire dans la composition de la matière. Forcément, il était bien trop neutre…

Pourtant, en agissant sur, ou avec le sel, on parvient à accélérer la réaction dans le creuset, la matière lâche son feu, elle se purifie, sa fusion s’accélère de manière vertigineuse…

Quel rapport avec les atomes ?

Les protons sont de nature Soufre, les électrons sont clairement assimilable au Mercure, leur nature volatile – toujours en mouvement – les conforte à merveille dans ce rôle. Quand aux neutrons, qui sont neutres et qui ne servent en apparence pas à grand chose… eh bien en agissant sur les neutrons, les chercheurs ont provoqués des milliers de morts à Hiroshima et à Nagasaki. En effet, le Sel de l’alchimiste est le neutron des physiciens. Tous ces parallèles sont très troublants.

Mais revenons à notre recherche de l’infiniment petit.

Y’a t-il quelque chose de plus petit encore que les protons, les neutrons ou encore les électrons ?

Oui, il y a les quarks.

Qu’est-ce qu’un Quark ?

alchimie 05Il y a plusieurs familles de quarks, mais observons ceux qui composent les nucléons du noyau atomique. Ils se subdivisent en deux familles : le quark u (up) et le quark d (down).

Pour simplifier l’explication au maximum nous allons dire que le quark u est porteur d’une charge électrique positive d’une certaine intensité de proportion +2/3 tandis que le quark d, est porteur d’une charge négative de l’ordre de -1/3.

Les protons sont constitués de deux quarks u et d’un quark d, leur charge électrique est donc positive, +1, puisque +2/3 +2/3 -1/3 = +1

Les neutrons sont constitués d’un quark u et de deux quarks d, leur charge électrique est donc 0 (+2/3 -1/3 -1/3).

Ainsi, les deux éléments peuvent cohabiter ensemble au cœur du nucléon en parfaite harmonie, l’équilibre se faisant par l’intermédiaire de l’électron en orbite autour du noyau, qui lui, est chargé d’une valeur totale de -1.

Notons qu’il y a trois quarks à chaque fois. Beaucoup de choses semblent fonctionner par trois dans la nature.

Reprenons donc :

Proton = +1, Électron = -1, Neutron = 0 ; tout s’équilibre. Le Père, le Fils et le Saint Esprit, Amen.

En modifiant la charge du neutron – le Sel – nous bouleversons soudainement la neutralité de l’atome, qui s’emballe et qui affecte tous les atomes voisins, qui en font de même avec leurs voisins, la réaction nucléaire commence.

En agissant sur la matière par l’intermédiaire du sel, l’alchimiste parvient à faire fondre un minerai, à la seule température de son fourneau : l’Athanor.

Le quark est porteur d’une charge, mais il n’est pas « la charge » lui-même. Mis à part les quarks il y a également les anti-quarks et les gluons, qui assurent la cohésion des nucléons.

Y’a t-il alors encore plus petit ?

En fait, oui, nous avons encore d’autres corps, plus petits, semblables aux quarks, qui se nomment les fermions, ou fermions élémentaires.

Là, nous rentrons de plein pied dans le domaine de la physique quantique. Au stade de ce que nous savons actuellement, cette soupe infinitésimale composée de fermions prend l’apparence d’une mer liquide remplie de substance infiniment petite au comportement des plus chaotiques et imprévisibles. C’est le Chaos Primordial Élémentaire.

Le temps lui-même n’y a plus réellement d’emprise, les choses peuvent être simultanément ou ne pas être du tout, le passé se mêle au futur apparaissant dans le présent, ou n’ayant jamais existé pour apparaître plus tard, dans le passé… Tout cela donne des frissons, et de plus, nous ne pouvons guère imaginer la chose aisément, elle sort de notre cadre de références.

En réalité, nous sommes en présence de la Prima Materia, dont les anciens alchimistes qualifiaient en ces mots :

La substance universelle est toute tout intérieurement, sans distinction de genre, de sexe, c’est à dire grosse, féconde et empreinte de toutes choses sensibles à l’advenir

(écrivait l’alchimiste Barlet).

C’est une eau qui à l’origine du monde était le chaos

(disait Albert Poisson… ).

C’était la matière première contenant toutes les formes en puissance… Ce corps uniforme était aquatique !

(peut-on lire dans la Lettre Philosophique).

Comment ne pas prendre un tantinet soit peu au sérieux l’alchimie, qui par l’intermédiaire de l’intuition humaine, d’une manière certes imparfaite et naïve, nous dépeint avec poésie, ce que les physiciens nous proposent après des milliers d’heures de calculs savants ? Peut-être c’est cela que l’on appel Dieu ? Cette base infinitésimale qui est à la source de toute chose, passée, présente et future !

Dieu est-il quantique ?

Nous nous sommes aventuré très loin et il convient à présent de revenir sur nos pas. Faisons cependant un petit crochet par l’enseignement de Pythagore. Prenons un texte qu’il a inspiré, d’autres principes sacrés de l’alchimie y sont inscrits !

alchimie 06Le principe des choses est la Monade. De la Monade est sortie la Dyade, matière indéterminée soumise à la Monade, qui est une cause. De la Monade parfaite et de la Dyade indéterminée sont sortis les nombres ; des nombres les points ; des points les lignes ; des lignes les surfaces ; des surfaces les figures en trois dimensions ; et des figures en trois dimensions tous les corps qui tombent sous les sens, et proviennent de quatre éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air.

Ces éléments se transforment de façons diverses et créent ainsi le monde qui est animé, spirituel, sphérique, et porte en son milieu la Terre, qui est ronde aussi et habitée sur toute la surface. Il y a des antipodes, tout ce qui est chez nous en bas est en haut dans les antipodes. Il y a sur terre de l’ombre et de la lumière par parties égales, et de même du froid et du chaud, du sec et de l’humide. Quand le chaud l’emporte, c’est l’été. Quand le froid l’emporte, c’est l’hiver. Quand le sec l’emporte, c’est le printemps. Quand l’humide l’emporte, c’est la saison des brumes. La meilleure saison est celle où les éléments sont en équilibre.

Parlons justement des quatre éléments : l’eau, le feu, la terre, l’air ; ainsi que de la polarité.

Brisons la coquille des mots. Les quatre éléments représentent en vérité quatre états de la matière. L’eau est synonyme de l’état liquide, le feu, un état gazeux très subtil, qu’il conviendrait plutôt de nommer plasma, la terre correspond à l’état solide et l’air à l’état gazeux. Pour un alchimiste, tout liquide est une Eau, tout Feu est plasma, toute vapeur est Air et tout solide est Terre. Tout ce qui était de qualité chaude a été appelé par les anciens : feu ; ce qui était sec et solide, terre ; ce qui était humide et fluide, eau ; froid et subtil, air (pour paraphraser l’Épître d’Alexandre). C’est un langage particulièrement imagé qu’il convient de maîtriser avant de prétendre à vouloir percer les secrets alchimiques.

Cet enseignement attire également notre attention sur la dualité des choses, dualité qu’il convient de nommer polarité.

La polarité est évoquée dans cet enseignement par l’ombre et la lumière, le froid et le chaud, le sec et l’humide…

Des contraires s’engendre l’équilibre !

En réalité, la polarité s’exprime dans la nature par la charge négative et la charge positive, œuvre de nos quarks qui chargent l’atome en énergie équilibrée, en bouillonnement incessant de vie !

Le meilleur exemple de polarité alchimique est la pile électrique. Les piles électriques étaient déjà utilisées en Égypte ancienne, épatant n’est-ce pas ? Cela voulait dire que les égyptiens maîtrisaient l’aspect théorique du courant voltaïque… Cela n’a rien de farfelu, nous avons retrouvé ces piles lors des fouilles archéologiques.

Nous nous permettons ici une petite digression au sujet de la pile.

La polarité, ou le courant électrique est une énergie qui alimente de nos jours tous les appareils dont nous nous entourons pour mieux vivre. Les photons produits par nos ampoules nous illuminent la vie, les aspirateurs aspirent la poussière grâce au courant alternatif. Les ordinateurs « réfléchissent » grâce à l’électricité qui passe au travers de leurs circuits.

Et au sein-même de notre cerveau, que se passe t-il entre nos synapses ? Eh bien il y a là des décharges électriques qui passent et qui constituent les briques de nos pensées.

La pensée est-elle alors électrique ?

L’esprit, l’âme, serait-il question ici d’une forme d’électricité que l’on nomme LA VIE ?

Cela serait logique, puisque les plus petites unités de la matière ne sont que pure énergie s’exprimant par des charges positives et négatives, donc par l’électricité ! Quant à la médecine orientale, avec son expression la plus imagée, celle de l’acupuncture, ne s’évertue t-elle pas à équilibrer la circulation des énergies dans le corps ? Et en plus ça marche !

Dieu n’est-il rien d’autre alors qu’une super-pile ?

Réajustez vos ceintures, nous changeons de direction.


De ce qui est en Haut

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Ces mots d’émeraude résument à eux seuls tout, absolument tout. Cette vérité nous fait glisser lentement vers une méditation céleste. Nos pensées atteignent les étoiles, et dans leur feu atomique, nous apercevons poindre tous les enseignements de l’Alchimie.

Les étoiles sont vivantes. A l’image de la vie qui nous est familière, elles appartiennent à différentes espèces. Elles sont fabriquées avec les mêmes matériaux que nous, elles sont soumises aux mêmes lois, elles subissent les mêmes cycles, les mêmes influences, seule l’échelle est différente.

Une autre maxime nous est commune :

Poussière tu étais, poussière tu redeviendras.

Pourquoi ? Pour le comprendre il est temps pour nous d’assister à la naissance, à la vie et à la mort d’une étoile : trois étapes lumineuses d’une existence laborieuse. Allons poser notre regard sur l’athanor du Très Haut…

Au commencement, il y a trois ingrédients essentiels qui forment la Pierre Brute Cosmique : l’espace à trois dimensions, le temps, et la matière sous la forme d’un nuage de gaz et de poussières. Ces trois ingrédients sont étroitement liés à un quatrième élément, la Pierre Angulaire : les gravitons. Les gravitons sont des particules électromagnétiques, porteuses d’une énergie mystérieuse : la gravitation.

Pourquoi mystérieuse ? Parce que sa logique et son fonctionnement, défiant nos lois actuelles, échappent encore en partie à notre compréhension. Nous soupçonnons aujourd’hui que l’univers ne compte pas trois dimensions, mais une infinité. Ces dimensions, qui sont cachées à notre regard – faute d’une nomenclature vérifiée empiriquement -, se nomment : les cordes et les supercordes.

Les récents postulats émis par la physique quantique avancent le fait que les gravitons seraient les seules particules à voyager librement entre toutes ces dimensions. La gravitation génère une force qui attire les particules de matière entre elles et qui les assemble, telle la main de Dieu martelant l’Œuvre à coups de Maillet précis !

Ainsi, la matière s’agglomère, la gravitation lui imprime un mouvement maîtrisé dans l’espace et le temps, et le nuage de gaz se transforme petit à petit en disque au sein duquel s’assemblent des grumeaux de poussière. Suivant une Règle universelle, les éléments les plus lourds et complexes se séparent des plus légers et impurs. Le subtil se sépare de l’épais…

Avec le temps, ces grumeaux se densifient, grandissent, leur masse augmente. Par la magie des gravitons, par l’interaction des forces faibles et fortes, lorsqu’une certaine masse critique est atteinte, les atomes de la matière, de plus en plus à l’étroit, commencent à entrer en collision les uns avec les autres, ils s’assemblent. Ils métamorphosent la structure interne de la matière, en des éléments de plus en plus lourds, de plus en plus complexes, de plus en plus précieux.

Cette transformation dégage d’énormes quantités d’énergie sous forme de chaleur et de violent rayonnement corpusculaire. La matière crache son feu, le Soleil s’enfante dans la colère, la transmutation s’opère, le lion se pare de vert !

L’étoile s’embrase, elle naît après des millions d’années de gestation dans la noire matrice du cosmos. Brûlant d’un ardent éclat incandescent, signature de jeunesse innocente, notre nouvelle-née possède dans ses premiers moments une taille importante. L’énergie dégagée permet d’insuffler la vie aux planètes qui se forment tout autour. L’œuvre s’accomplit ! La Pierre Brute devient Cubique, le lion rugit. L’Alchimie opère…

S’ensuivent quelques milliards d’années d’existence paisible. Cette vie est plus ou moins longue en fonction de la taille et de la masse de l’astre, et plus celui-ci avance en âge, plus sa couleur se teint d’écarlate.

Levez les yeux par une nuit claire,

vous les verrez, ces vieilles dames solitaires,

scintillant d’un éclat rouge voilé,

posées sur l’écrin du ciel velouté ;

larmes de sang de la Déesse oubliée.

Quand vient enfin le déclin de son existence, l’étoile, à cours de souffle vital, commence à se boursoufler, elle expulse les éléments consumés, elle s’allège, et les forces qui, jusqu’à présent, la retenaient cohérente durant des milliards d’années, se disloquent. Dans son agonie, sa taille augmente plusieurs centaines de fois. Elle dévore ses planètes proches, elle les brûle, les réduit en cendres, elle est prise de folie meurtrière. Sa mort s’approche.

Vient enfin le moment où, dans un dernier spasme, les forces libérées la transforment en une formidable explosion : celle d’une supernova. L’éclat est tel que, si l’une de nos étoiles voisines venaient à connaître ce sort, on y verrait de nuit comme de jour. L’étoile meurt dans la lumière… Dans son trépas, elle entraîne toutes les planètes de son système qui sont vaporisées par son dernier souffle. Le tout se dissout en nuage de poussière, de gaz et de particules ; en majestueuse nébuleuse multicolore. Dissoudre pour mieux coaguler ! Voici l’un des principes de l’Alchimie appliqué avec force.

Le temps accompli son œuvre…

La mort de l’étoile ensemence le cosmos. La matière, grâce aux gravitons, s’agglomère de nouveau et forme un disque. Une nouvelle étoile naît des cendres de l’ancienne. Elle renaît tel le légendaire Phœnix. Et le tout recommence encore et encore, dans un grand cycle de réincarnations cosmiques…

Mais toutes les étoiles ne connaissent pas la même fin ; l’œuvre n’aboutit pas toujours. Certaines finissent juste de brûler, refroidissent, se solidifient et dérivent dans l’espace, mortes et perdues à jamais ; on les nomme les Naines Noires. D’autres changent de forme. Elles se chargent de tant d’éléments lourds, qu’après une terrifiante explosion, lors de laquelle elles se débarrassent de leur enveloppe, gardant juste le cœur mis à nu, elles deviennent des astres meurtriers semant la mort tout autour d’elles ; on les appelle les étoiles à neutrons.

D’autres encore, proches des étoiles à neutrons, se mettent à tourner à une vitesse incroyable autour de leur axe de rotation, faisant le tour complet d’elles mêmes plusieurs dizaines, voire, centaines de fois à la seconde ; on les nomme les pulsars : phares de l’espace. Les pulsars sont d’une taille très réduite, une dizaine de kilomètres de diamètre, d’une masse avoisinant plusieurs millions de fois celle de notre soleil et certains scientifiques se hasardent à penser qu’elles sont tellement denses, que leur cœur est en fait un gigantesque diamant pur. Quelle belle image, n’est-ce pas ?

Et nous, notre cœur, en quel matériaux est-il forgé ?

alchimie 10Mais il y a aussi une autre mort que connaissent certaines étoiles, une mort terrifiante. S’engraissant sans relâche, emmagasinant tant d’éléments qu’elles ne parviennent plus à les transmuter, elles finissent par imploser, déchirant l’espace-temps, devenant des trous noirs. Léviathans gargantuesques de l’espace, capables de plier à leur volonté les lois universelles du cosmos, elles défient Dieu !

Mais ces sombres morts que nous venons d’énumérer sont, en fait, relativement rares. Elles sont des damnations éternelles, par opposition au renouveau cyclique que connaissent la plupart des astres. Se sont des Œuvres Noires, dont nous parle l’Alchimie. A ne pas confondre, bien sur, avec les Œuvres au Noir

N’est-ce pas là l’évidence qui répond à nos questions métaphysiques : Y’a t-il quelque chose après la mort ? La réincarnation existe t-elle ? La notion de l’enfer, du paradis, du purgatoire, le Grand Œuvre ; tout à son reflet réel dans le ciel constellé. Les lois universelles que le Très Haut a mis en place sont tracées avec une inflexible précision à l’équerre et au compas divin, et sont exactement les mêmes pour tout ce qui fait partie de la Création, aussi bien en haut, qu’ici-bas. Seulement, il ne s’agit là que de symboles qu’il nous faut correctement interpréter.

Lorsque nous regardons les étoiles la nuit, nous ne pouvons nous empêcher de songer à la chose suivante : Pourquoi sont-elles si nombreuses : des milliards et des milliards ? Pourquoi sont-elles espacées par des distances infranchissables ? Quel est le but de leur existence, si ce n’est de fournir à la vie un terrain où se développer. Si elles étaient trop proches, le chaos se répandrait à l’image des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse.

Toute cette vie aurait tendance à vouloir envahir et asservir une vie plus faible. La distance nous empêche de nous étendre trop et nous laisse le temps de vaincre nos passions. Vous pensez que nous aurions tort de généraliser la nature humaine en l’étendant au reste de l’univers ?

Observons la Création. Observons les lois universelles. Les étoiles sont la parfaite illustration de la loi du plus fort, et par extension de la nature humaine ou de toute autre vie, quelle qu’elle soit, où qu’elle soit. En perpétuel mouvement, en éternelle transformation, les plus massives d’entre elles asservissent les plus faibles. Elles modifient leurs orbites, elles s’emparent de celles qui ne sont pas assez fortes pour résister. Nombreuses sont celles qui s’adonnent avec gloutonnerie à un cannibalisme fratricide. Il y a les prédatrices, les victimes ; toute une chaîne alimentaire.

L’être humain, par transposition nanoscopique, n’est qu’un maillon insignifiant de cette chaîne universelle obéissant aux lois du cosmos, influencé en permanence par ce cosmos. Des milliards d’étoiles au comportement si commun

Et pourtant, elles ne sont nombreuses qu’en apparence. Car tout est relatif.

Ne sommes nous pas nous-mêmes composés de milliards d’atomes ?

A l’échelle microscopique ces atomes sont extrêmement éloignés les uns des autres : tout un univers. Chaque être humain possède en lui infiniment plus d’éléments qu’il n’existe d’étoiles dans l’univers tout entier ! Et pourtant nous ne formons qu’UN ! Un seul être !

Car en vérité, Tout est Un ! Voilà l’ultime secret de l’Alchimie révélé ! Un, l’indivisible et pourtant Un englobant le Tout !

alchimie 07Qu’il s’agisse d’une étoile, d’une planète ou de nous-mêmes ; tout ce qui nous compose, est cette Prima Materia alchimique, cette proto-soupe électrique qui s’exprime en fermions quantiques, en quarks, protons, neutrons et électrons ; en Soufre, Mercure et Sel.

Elle s’assemble, forme des atomes, des molécules, des corps.

En vérité, la seule chose qui change c’est le code génétique de chaque corps, code qui ordonne à la matière de s’organiser selon des schémas différents :

Tu seras une étoile, une pierre, un métal, un gaz, tu seras le feu et toi l’eau. Quant à toi qui lis ces mots, tu seras un être humain.

Ce code c’est le Verbe.

Les secrets les mieux cachés sont ceux qui demeurent exposés à la vue de tous.

Zulaan


Pour terminer sur une note plus légère (quoique), je vous invite à suivre le lien qui va suivre. Il vous mènera sur un morceau de ma composition, consacré à l’une des premières opérations réalisées en Alchimie : l’œuvre au Noir. Bonne écoute… Opus Magnum : Nigredo


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