Couleurs de la nature

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J'aime la photo monochrome. Je trouve qu'avec peu de nuances, elle exprime une palette d'émotions incroyable. Pourtant, j'ai commencé mon aventure photographique avec la couleur et plus précisément avec les couleurs de la nature. Les macros, la photo animalière et végétale, avaient alors mes faveurs. Je travaillais mes sujets en les sublimant par une abondance de teintes acidulées, de couleurs criardes et d'ambiances saturées. Je me cherchais un style. Aujourd'hui, en triant mes photos en vue de la création de ces galeries virtuelles, je me suis attardé avec nostalgie sur ces premiers clichés. Je les partage ici avec vous et je les accompagne de quelques astuces pour bien réussir vos macros.



Le choix des couleurs


Dans mes macros, c'est moi qui choisissait toujours mes couleurs. La nature n'avait pas son mot à dire (oui, je conviens avec vous, le titre de cette page : "Couleurs de la nature" est un petit mensonge). Quand cela était possible, j'utilisais des fonds en papier coloré, que je plaçais derrière mes bestioles ou mes plantes. J'avais tout un lot de fonds cartonnés A4, sur lesquels j'avais imprimé des taches colorées floues. En fonction des sujets, je choisissais toujours mes nuances pour créer des ambiances légèrement flashy, que je traitais ensuite par ordinateur sur Photoshop.


La retouche des couleurs du second plan et du fond consistait à sélectionner au lasso grossièrement les zones de l'image et d'y ajouter un contour progressif. Sur une résolution standard de photo issue d'un reflex, le rayon du contour progressif oscille entre 150 et 250 pixels. Sur ces zones j'appliquais ensuite une saturation marquée ou, au besoin, une balance des couleurs pour changer légèrement de tonalité. Je complétais en général par une petite dose de flou gaussien, pour adoucir l'environnement autour de mon sujet.


Il n'était pas rare que je triche également avec mes modèles. Ainsi, l'Attacus Atlas s'est métamorphosé en une créature proche de l'abstraction, l'escargot a changé la couleur de sa carapace et le pélican est devenu rose. Et je ne parle même pas du caméléon ou du lézard. Sur ces sujets, l'outil de retouche à privilégier est la plume. Le tracé ainsi obtenu est bien maîtrisé et suit les courbes du sujet avec précision. Une fois le détourage fini, il doit être transformé en sélection.


En parlant du caméléon, il m'a servi pour la réalisation d'une publicité du Parc Phoenix de Nice, qui a été imprimée en format géant. Elle recouvrait toute une façade d'un immeuble, que l'on voyait de très loin de la voie rapide qui traverse Nice de part en part. Elle y est restée durant des années. Encore aujourd'hui, lorsque vous achetez les tickets d'entrée du Parc, sur ces derniers vous pouvez découvrir mes photos, dont certaines se trouvent dans cette galerie.



Un peu de technique


Pour sublimer les couleurs de la nature, il n'y a pas trente-six solutions. Pour faire des macros, dignes de ce nom, il faut investir dans un objectif macro. J'ai acquis à l'époque le Sigma 180mm EX macro 1:1. Après toutes ces années, je l'utilise toujours, tant il est merveilleux. Vous n'échapperez pas à la nécessité d'acheter un trépied. La stabilité est la première condition de réussite dans la macro. De même, la lumière est primordiale. Avec les lumières LED, il devient possible de s'équiper aujourd'hui pour un prix raisonnable.


Vous devez ouvrir votre objectif aux valeurs les plus extrêmes frisant le f/22. A cette ouverture, la lumière manque cruellement et la pause longue ne peut être envisager si votre sujet commence à bouger. Pour ma part, je n'avais pas le luxe d'être suffisamment équipé en lumières, alors je montais rarement au-dessus de f/16 et les zones de flou me guettaient sans compromission.


Plus tard, j'ai acquis une cage lumineuse pour macros, ce qui m'a littéralement changé la vie. Ce petit espace confiné, tapissé de blanc réfléchissant et muni d'une puissante lampe, me permettait de photographier avec plus d'aisance. Cependant, la place manque dans cet accessoire pour envisager des compositions audacieuses. Toutefois, si vous pouvez, investissez dans un gadget de ce type, vous verrez, ça change la vie.


Si vous photographiez des insectes, munissez-vous d'un brumisateur. Vous verrez, les minuscules goûtes de rosée seront du plus bel effet sur votre modèle.