Échos des Mégalithes : les coulisses du livre – épisode 1

Mégalithes de l'alignement de Kerlescan à Carnac

Au commencement était…

Voici le premier épisode – le pilote -, d’une série d’articles, dont l’objet sera de vous présenter les coulisses de la création d’un ouvrage de photos d’art sur les mégalithes de Carnac et du Morbihan sud, pour lequel j’ai eu l’honneur d’être sollicité.

Échos des Mégalithes n’est pas le titre du livre. Il s’agit plutôt d’un titre conceptuel relatif à la globalité de ce projet qui comprendra également des expositions, des conférences et d’autres publications, dont je vous parlerai le moment venu.

Cette réalisation entre, en tant que publication de référence, dans le dispositif documentaire de l’inscription des Mégalithes du Morbihan sud au titre de Patrimoine Mondial de l’Humanité à l’UNESCO.

Le livre sera composé exclusivement de photos monochromatiques et le challenge que je me suis fixé est de taille : effectuer toutes les prises de vue dans un temps très court au regard de l’ampleur de la tâche – d’octobre 2021 à fin juin 2022. La sortie du livre, quant à elle, est prévue pour 2023.

Avant de démarrer cette aventure, qui vous sera présentée dès les prochains épisodes à la manière d’une véritable enquête sur le mystère des mégalithes, attardons-nous sur quelques aspects concernant le choix technique du matériel qui sera utilisé tout au long des prises de vue et sur le parti pris artistique.

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Les choix techniques

Pour les prises du vue, je n’ai pas eu à hésiter bien longtemps. Si les vestiges mégalithiques parlent à notre imaginaire et se placent comme des éléments de légende, les photographier ne pouvait se concevoir qu’avec une autre légende : un Leica.

Photographiant déjà depuis quelques temps ces monuments, je sais par expérience que les plus beaux clichés voient le jour par mauvais temps. L’ambiance brumeuse ou orageuse participe à créer des ambiances saisissantes, surtout en noir et blanc.

Se pose alors inévitablement la question des manipulations du matériel dans les conditions défavorables, comme par exemple le changement des optiques. En effet, replacer un objectif sous la pluie expose le matériel à de sérieux risques.

Or, Leica propose dans sa gamme un appareil qui solutionne ce problème…

Le Leica Q2 Monochrom est non seulement tropicalisé, mais en plus, dispose d’un objectif de haut vol qui est fixe. Il s’agit d’un Summilux 28mm asphérique qui ouvre à f/1.7. Par ailleurs, le Q2, par un astucieux système de recadrage, par simple pression d’un petit bouton, permet de photographier une scène à 28, 35, 50 ou 75mm. On dispose dès lors d’un boitier muni de quatre focales virtuelles, ce qui est parfait pour mon projet.

Ce tour de « passe-passe » technologique est rendu possible grâce au capteur plein format qui affiche au compteur 47 millions de pixels : une réserve confortable pour « tailler » dans l’image et obtenir des équivalences à ces différentes focales. A titre de comparaison, le capteur du légendaire Leica M10 Monochrom ne compte « que » 40 millions de pixels.

D’une manière concrète, jusqu’à 50mm la photo garde une résolution suffisante pour du Fine Art. A 75mm la résolution commence à atteindre ses limites, elle est toutefois largement viable pour des photos de détails qui seront présentées dans un format plus petit que le « plein page » ou pour le web où aucune limite ne sera perceptible. J’ajouterai que la qualité générale de l’image, même à 75mm, reste exemplaire !

En ce qui concerne le capteur du Leica Q2 Monochrome, c’est exactement le même que celui qui équipe le Leica Q2, sauf que la matrice de Bayer a été retirée. Cette matrice permet la reconstruction des couleurs.

Dépourvu de cette dernière, le capteur du Q2 Monochrom fait de véritables miracles en noir et blanc. La dynamique des images est saisissante. Les détails sont restitués avec grande précision et j’ai été très agréablement surpris par la séparation des basses et des hautes lumières : l’appareil s’en tire toujours haut la main. L’image est dense, veloutée, les ombres ne sont jamais bouchées et les lumières fidèlement restituées.

C’est un soulagement pour le photographe de savoir que l’appareil ne le décevra pas et saura tirer l’épingle du jeu dans des conditions difficiles.

Un autre point qui me semble particulièrement important à souligner, c’est la montée vertigineuse en ISO, dont est capable le capteur du Q2 Monochrom. 100 000 ISO, voici le chiffre hallucinant qui s’affiche lorsque vous poussez le curseur jusqu’à sa valeur la plus extrême. A titre de comparaison, le Leica M10 Monochrom plafonne, lui, à 50 000 ISO.

Alors, il est évident que vous ne ferez pas du Fine Art à 100 000 ISO (encore que, si vous faites de la photo conceptuelle, pourquoi pas ?), mais les images tiennent le coup jusqu’à des valeurs particulièrement élevées. Pour avoir utilisé du matériel très haut de gamme d’autres marques, je m’incline devant la maîtrise technologique chez Leica, qui permet d’aller sur des terrains où ses concurrents déclarent forfait.

Pour moi, photographier au Leica relève plus d’une approche philosophique que photographique à proprement parler. Aussi, depuis le moment où je l’ai allumé la première fois, je l’ai réglé en utilisation 100% manuelle. Aucun automatisme, je veux avoir le contrôle sur tout. Et que dire ? C’est diablement jouissif, car l’appareil répond au doigt et à l’œil.

Et enfin, dernière chose, le bruit du déclenchement… Eh bien, il faut tendre l’oreille pour l’entendre. L’appareil est d’une telle discrétion, qu’au début j’ai été quelque peu troublé, ne sachant pas s’il avait déclenché ou pas… C’est un véritable murmure pour l’oreille d’un photographe. Les initiés comprendront.

Après cette « fiche technique du matériel », parlons de l’approche artistique du livre.

 

 

Le parti pris artistique

Pour moi, l’aspect minéral et, de manière plus générale, les volumes et les formes des vestiges mégalithiques, constituent un sujet tout désigné pour une photographie en noir et blanc. L’aspect brut de la pierre donne lieu à un potentiel créatif infini. A défaut de pouvoir la travailler comme un tailleur de pierre, je peux néanmoins la peindre avec la lumière et transmuter modestement toute la mystérieuse essence qu’elle cache en son cœur, pour la révéler au grand jour à la surface du papier. Voici bien un travail quasi-initiatique…

Comme je le disais plus haut, les conditions météorologiques donneront la touche finale à chaque photo. En effet, les ciels sombres, les nuages orageux et les brumes serviront de cadre et donneront l’ambiance générale de ce livre.

Je ne cherche pas à faire de la « carte postale », ce qui m’importe, c’est de faire surgir de mes photos l’âme de ces pierres. De témoigner ainsi d’une forme de magie subtile, qui ne peut être saisie que lorsque des conditions particulières sont réunies. Le challenge est de taille !

En attendant la parution du livre, vous pouvez déjà avoir un aperçu des ambiances qui vous attendent en allant sur ma galerie consacrée au mégalithisme. J’ai créé également une page Facebook Échos des mégalithes qui vous proposera quelques photos de chaque site photographié. Et enfin, vous pouvez me suivre sur ma page Facebook personnelle , sur laquelle je partage toutes mes photos, ainsi que sur mon compte Instagram, Twitter et LinkedIn.

Bon visionnage et à bientôt.

2 réponses

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  1. […] Dans le cadre des inscriptions de Biens à l’UNESCO, les dossiers sont accompagnés de publications scientifiques et, parfois, d’ouvrages destinés à un plus large public. C’est aussi le cas pour le patrimoine mégalithique du Morbihan sud. Je suis particulièrement fier de contribuer à ma modeste manière à cette magnifique aventure par l’ouvrage de photos d’art sur lequel je travaille – pour plus de précisions, voir l’article précédent : Échos des Mégalithes : les coulisses du livre – épisode 1. […]

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