
Photographier les Alignements de Carnac
Photographier les Alignements de Carnac est un challenge. Les pierres ne commencent à livrer leurs meilleur profil qu’au prix d’une longue période d’approche, d’observation et de patience. Et puis, un jour, la magie commence à opérer. On remarque de subtils détails, de véritables chorégraphies, des duos ou trios de stèles qui s’animent soudainement et posent devant l’objectif.
Dans les rubriques qui vont suivre, je vous propose, en toute intimité, de dévoiler une sélection d’images, prises sur chaque site.
Mais avant de vous emmener à la découverte des Alignements de Carnac, je tiens à remercier chaleureusement le Centre des Monuments Nationaux et toute l’équipe de la Maison des Mégalithes, pour la bienveillance avec laquelle j’ai été autorisé à exercer ma passion photographique et à l’aide qui m’a été toujours accordée. J’ai rencontré des passionnés, amoureux de cet héritage millénaire, dont ils ont la garde. Un grand merci à vous, chers amis !
Alignement du Ménec
C’est, probablement, le site plus connu et le plus visité. Il s’étire sur 1165 mètres de long, sur 100 mètres de large, et totalise 1099 menhirs répartis sur 11 files. Les plus hautes pierres de cet alignement atteignent 4 mètres.
Chaque alignement possède sa propre « ambiance ». Les Alignements du Ménec se caractérisent par un certain nombre de stèles au caractère bien affirmé. La topographie du terrain est ici une puissante alliée, tantôt elle révèle, tantôt elle occulte certaines pierres, offrant des perspectives saisissantes.
C’est peut-être aussi l’alignement le plus complexe à photographier, il demande une grande patience et beaucoup d’observation.
Plus que 3000 menhirs…
Lorsque nous sommes face aux Alignements de Carnac, et que nous contemplons ces files de stèles dressées, nous sommes saisis par une question, une seule question qui se résume à un simple : pourquoi ?
Pourquoi ces hommes du néolithique se sont donné autant de mal pour dresser autant de pierres, formant ces lignes minérales monumentales qui serpentent le long des plaines ?
Au nom de quelle cause, de quelle idéologie, de quelle croyance, des générations entières se sont succédé pour ériger des milliers de pierres sur un territoire qui couvrait, d’un bout à l’autre, une trentaine de kilomètres.
A Carnac, on compte aujourd’hui près de 3000 menhirs dressés ou couchés. Ce chiffre est véritablement impressionnant, mais il est infime par rapport à ce qu’il était à l’origine. Si l’on comptabilise l’ensemble des vestiges mégalithiques qui couvrent le territoire proche de Carnac, le chiffre s’envole et nous atteignons les quelques 12500 monuments. Sans doute même plus, car un certain nombre n’ont pas été encore découverts. Mais encore une fois, ce n’est rien par rapport à ce qu’était Carnac et ses environs du Morbihan Sud à l’époque néolithique.
Au fil des âges, l’Homme a réutilisé ces pierres pour construire ses habitations, les enclos pour ses bêtes ; les pierres ont été délogées, brisées, retaillées et, pour les plus chanceuses, repositionnées. La plupart ont disparu complètement des alignements et jouent aujourd’hui à cache-cache avec notre regard. Il est amusant de les retrouver parfois intégrées dans les murailles de quelques enclos, ou carrément dans les murs de vieilles maisons et de villages entiers…
Alignement de Toulchignan
Enclavé entre deux routes, au croisement de la RD119 et la RD196, l’Alignement de Toulchignan regroupe les stèles sur dix rangées d’environ 100 m de long et 70 m de large. Les menhirs dépassent les 2 m de haut dans la partie orientale du site. L’ensemble se termine à l’est sur une rangée perpendiculaire de pierres, qui pourrait appartenir à un large cromlech en grande partie détruit.
Les pierres qui longeant la Route du Purgatoire (D119), ont bien souvent les « pieds dans l’eau ». C’est du plus bel effet en photo, et les images prises de là, donnent une fausse impression de la dimension de cet alignement qui, en réalité, est véritablement très petit.
Comme pour le Ménec, ce site n’est pas des plus simples à photographier. Mais la raison principale vient de son enclavement entre les routes et de l’impossibilité d’accéder directement aux pierres. On a rapidement la circulation dans le cadrage, ce qui ne permet pas des compositions de très haut vol sous toutes les perspectives…
Alignement de Kermario
L’alignement de Kermario est composé d’environ 980 menhirs, répartis en 10 rangées, sur une distance d’environ 1100 m, sur 100 m de large. A l’Est s’étend l’alignement de Kerloquet qui complète Kermario. Cet ensemble est globalement orienté vaguement, suivant un axe sud-ouest / nord-est. La taille des stèles décroît d’ouest en est. Un dolmen marque l’extrémité occidentale de l’alignement. On l’aperçoit sur la boucle que fait la route sur la droite de la photo.
Il s’agit du second alignement le plus fréquenté et apprécié par les visiteurs. En effet, on a une vue imprenable sur les stèles, que l’on découvre face à nous, en arrivant par la RD196. Un parking à proximité permet de s’arrêter facilement et de s’immerger immédiatement dans ce spectacle époustouflant. Depuis peu, un chemin pédestre a été aménagé partant d’ici et se poursuivant le long de l’Alignement de Kerloquet et de Manio. Une visite incontournable !
Cet alignement est le plus simple à photographier de tous. Les pierres spectaculaires s’offrent sans retenue à la vue et les possibilité de cadrages sont infinies. En prenant les files par l’Est, on découvre de magnifiques perspectives mettant en évidence les agencements géométriques de stèles qui forment des compositions très esthétiques.
Les photos qui vont suivre regroupent principalement les stèles de Kermario, mais également une ou deux vues de Kerloquet. Je ne ferai donc pas de distinguo entre ces deux alignements.
Alignements du Manio
Dans le prolongement des alignements de Kermario et de Kerloquet, on découvre le très discret alignement du Manio. Il se distingue principalement par sa stèle centrale de 4,5 m de haut qui, à sa base, comporte cinq gravures de figures interprétées comme des serpents.
Ces gravures figurent sur sa partie enterrée et révélée depuis les fouilles par un regard aménagé au niveau du sol. La stèle est positionnée sur le tertre du Manio, dont on devine à peine la courbure érodée. Elle est entourée par plusieurs pierres dressées de petite tailles qui suivent le léger relief du tertre.
Le cadre qu’offre cet alignement, surtout depuis l’ouverture du chemin de balade qui passe à l’arrière du site, offre des points de vue particulièrement intéressants pour des cadrages créatifs. L’ambiance est ici particulièrement intimiste.
Alignements de Kerlescan
L’alignement de Kerlescan comporte 13 files comptant 555 stèles. A l’extrémité occidentale du site on découvre une enceinte de 39 menhirs qui s’achève au nord par un tertre marqué par une grande stèle de 3,7 m de hauteur.
Ce site dégage une ambiance particulière. Lorsque l’on a la chance de le visiter par mauvais temps et que la brume enveloppe les pierres, l’impression de changer de dimension et de temps s’impose avec force. Les hauts arbres qui étendent leurs branches au-dessus des stèles participent à cette véritable symphonie visuelle.
L’un de mes sites Carnacois de prédilection ! Les pierres sont incroyablement photogéniques et les cadrages infinis.
Alignements du Petit Ménec
Situé dans le prolongement du site de Kerlescan, le Petit Ménec s’étend sur le territoire de la commune de la Trinité-sur-Mer. Il se compose d’une centaine de stèles agencées sur 8 files.
Ce site, lors de sa découverte, ne laisse personne indifférent. On pénètre dans un petit bois où se dévoilent avec pudeur de petites stèles au charme incomparable. L’environnement est propice à l’imagination et attire quelques « connaisseurs » locaux, en quête de quiétude.
Le mot magique est ici de rigueur. Si vous souhaitez vraiment faire une expérience unique, alors c’est ici qu’il vous faut aller.











































































































