La technique photo High Key est idéale pour obtenir des portraits éthérés et des ambiances oniriques. Les sujets sont baignés dans une lumière douce et parés d’une clarté vaporeuse.

A vrai dire, cette technique n’est pas évidente à maîtriser car elle demande un peu d’anticipation. C’est à la fois une question d’éclairage, de réglages de l’appareil photo et de traitement d’image. Sur internet, on peut lire tout et son contraire sur le High Key. Il faut garder donc à l’esprit que le High Key n’est ni une science exacte, ni une technique précise. Aussi, ce qui va suivre, est juste ma propre méthode.

Quel éclairage pour la technique photo High Key ?

Le piège à éviter est la surexposition. Une image “brûlée” est quasiment irrattrapable en post-production. Je déconseille d’exagérer la multiplication inutile des lumières. L’idéal étant d’avoir un éclairage homogène et un maximum de surfaces blanches et réverbérantes autour du modèle. L’astuce consiste à l’envelopper intégralement dans la lumière, un peu à la manière des mini-studios pour la macro. Pour ma part, c’est très artisanal, j’utilise juste des draps blancs tendus derrière le modèle, au sol et sur les côtés.

Du côté des lumières, j’obtiens des résultats très satisfaisants avec des lampes et des projecteurs à LED. J’ai dans ma trousse à outils une puissante lampe simulant la lumière du jour utilisée pour la luminothérapie. Je me suis rendu compte qu’elle fait des merveilles en terme d’illumination. Pour la séance de bodypainting avec Ana et Grizlee c’était quasiment ma seule source d’éclairage que j’ai couplée avec les surfaces réverbérantes. Quelques réflecteurs disposés de manière à gommer les ombres résiduelles complètent le dispositif. Je n’utilise jamais de flash dans mes photos.

Réglages du boîtier

Je travaille exclusivement à des grandes ouvertures, restant de préférence entre f/2.8 et f/3.5. Ça participe à estomper le fond et à se débarrasser des pliures sur les draps. Dans les photos qui vont suivre, j’ai utilisé un 70-200 f/2.8. La mesure était réglée sur pondérée centrale en l’effectuant sur le visage du modèle. Bien sûr, je vous recommande de travailler avec la plus basse valeur des ISO possible.

Retouche numérique

Le développement du fichier Raw est fait sur RawTherapee. Il s’agit d’une solution multiplateforme gratuite, plus intéressante selon moi que Lightroom, notamment du fait de l’étendue des possibilités d’expérimentation qu’offre ce superbe soft. Pour compléter la retouche ou donner une ambiance particulière, étant sur Linux, j’utilise Gimp. Un logiciel gratuit, très performant. Connaissant et utilisant Photoshop professionnellement depuis sa version 3, pour ce type de résultat, je peux vous certifier que les deux solutions se valent largement.

Sur Gimp, l’astuce consiste à doubler le calque de l’image et de le fusionner en mode “écran”, en jouant sur l’opacité du calque supérieur. Sur Photoshop, la technique est la même. La fusion du calque se fait en mode “superposition”. Je vous suggère de procéder par petites touches, en réitérant les duplications de calques et l’application modérée de désaturation. Par ailleurs, pour apporter un rendu éthéré à votre composition, je vous conseille d’ajouter quelques légères touches de flou gaussien sur le calque supérieur, en l’estompant au besoin avec une gomme réglée à 10-12% de force sur les zones des yeux, du nez, de la bouche et des autres endroits qui doivent rester bien nets.

Ce petit tour de ma pratique de la technique photo High Key est à présent terminé. Si vous avez des questions supplémentaires, n’hésitez pas à me contacter ici. Je me ferai un plaisir de vous répondre. Et si vous souhaitez approfondir vos connaissances en photo, je vous ai préparé un petit cours ludique par ici : Comment réussir les photos : mode d’emploi

Ci-dessous quelques exemples de rendus en technique photo High Key. Merci à Sun Hee Lee et à son équipe pour l’assistance, le maquillage et les coiffures. Modèles : Grizlee, Ana, Rose Noire et Laure.

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